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La démarche


 
 

La psychotérapie humaniste
 

Bref rappel historique


Sur un plan philosophique : Le courant humaniste plonge ses racines dans la pensée grecque antique : Protagoras : L’homme est la mesure de toute chose, Socrate : l’homme est un animal social…, dans la pensée de la renaissance : Pic de la Mirandole : De la dignité de l’homme, dans la pensée de Kierkegaard : L’angoisse est le vertige de la liberté, ainsi que dans la pensée existentialiste de Sartre en particulier : L’essentiel n’est pas ce qu’on a fait de l’homme, mais ce qu’il fait de ce qu’on a fait de lui. Pour Sartre : l’existence précède l’essence et donc en cela,« L’homme est non seulement tel qu’il se conçoit, mais tel qu’il se veut…/…L’homme n’est rien d’autre que ce qu’il fait. Ce qui amène Sartre à dire : que nous sommes nos choix.

L'humanisme est une philosophie qui recherche l’épanouissement de l’être humain en ne se fondant que sur ses propres capacités intellectuelles et morales et excluant toute référence surnaturelle. L’humanisme postule que les êtres humains sont responsables de donner un sens et un but à leur vie et qu’ils ont des responsabilités envers les ressources naturelles et sociales.

L’homme modeleur et sculpteur de lui-même

"Nous ne t’avons assigné, ô Adam, ni une place déterminée, ni une figure propre, ni un héritage particulier, afin que tu aies et possèdes, selon tes vœux et ta décision, toujours la place, toujours la figure, toujours les biens élus par toi. Toutes les autres créatures ont une nature définie contenue dans les lois prescrites par nous ; toi seul, dégagé de toute entrave, suivant ton libre arbitre, tu te fixeras ta nature. Je t’ai placé au centre de l’univers, afin que tu regardes avec d’autant plus d’aisance autour de toi tout ce qui est au monde. Je ne t’ai fait ni céleste, ni terrestre, ni mortel ni immortel ; d’après ton vouloir et pour ton propre honneur, modeleur et sculpteur de toi-même, imprime la forme que tu préfères. Tu pourras dégénérer en animal, être de l’ordre inférieur ; tu pourras, selon la décision de ton esprit, te régénérer en créature divine, être de l’ordre supérieur. "


Pic de la Mirandole, De la dignité de l’homme

L’homme responsable de lui-même
 


"Un homme est non seulement tel qu'il se conçoit, mais tel qu'il se veut. »

« L’homme est un être qui est ce qu’il n’est pas et qui n’est pas ce qu’il est. »

« C'est à partir du jour où l'on peut concevoir un autre état de choses qu'une lumière neuve tombe sur nos peines et sur nos souffrances et que nous décidons qu'elles sont insupportables. »

« L'homme sera d'abord ce qu'il aura projeté d'être. »

« La seule chose qui permet à l'homme de vivre, c'est l'acte. »

« Un amour, une carrière, une révolution : autant d'entreprises que l'on commence en ignorant leur issue.
"


 

J. Paul Sartre : Citations diverses



Sur le plan psychologique: Dans les années 60, il s’agissait avant tout de replacer la personne humaine au centre de la recherche en psychologie. S’opposant à la fois au mécanicisme behavioriste qui refusait d’inclure la conscience parce qu’elle n’était pas mesurable et en même temps au déterminisme réductionniste de la psychanalyse classique, la “troisième force” soutenait que la conscience, la subjectivité, les valeurs, la responsabilité et la liberté étaient au centre de ce qui constitue une personne humaine. Ces psychologues humanistes proposaient une perspective qui mettait l'accent sur la santé mentale, l'autodétermination, et la réalisation de soi.

Il leur semblait important de regarder la personnalité dans son ensemble, avec ses expériences personnelles de joies et de tristesse, d'aliénation et d'intimité de frustration et d'enrichissement. Deux grands psychologues influencèrent l'école humaniste: Maslow et Rogers.



Au centre : la personne humaine


La principale implication d’un tel positionnement c’est la place de la liberté de l’individu et sa capacité à influer sur ses comportements hérités d’une histoire dont il n’a pas été l’acteur. C’est à partir de choix plus conscients qu’il peut accéder à son autonomie et ainsi élargir son champ de conscience.
L’élargissement de la conscience associé à la notion de liberté peut représenter un levier suffisamment puissant pour permettre à la personne de se découvrir comme pouvant affronter ses difficultés, commencer à modifier sa trajectoire de vie et se choisir comme tâche à s’accomplir.



Au cœur : la confiance et sa part d'incertitude


La confiance offre ce rapport à autrui comme nous offririons un miroir afin que l'autre puisse décider du regard qu'il portera dans son reflet. C'est l'autre et lui seul qui décide de ce qu'il en sera de lui-même et c'est dans cette responsabilité de soi à soi que la confiance accepte de se donner à autrui sans attente ni exigence.
Un homme libre ne peut que recevoir la confiance comme reflet de cette liberté et face à cette liberté que lui offre la confiance, autrui peut, s'il le désire affronter le mensonge qui le protège de lui-même. La confiance dévoile le mensonge en tant que construit d'une histoire qui n'a pu donner tout son sens, respectueusement, sans jugement, permettant à celui qui s'y trouve englué de s'en extirper si tel est son désir.



Une relation basée sur l’authenticité


Une démarche qui place la personne au centre de la relation thérapeutique, au sein de laquelle elle est l'experte .Elle n’est pas un cobaye, ni même un objet d’action thérapeutique, elle est une personne singulière que sa trajectoire de vie à égaré. Et le thérapeute va se situer, non pas en qualité d’expert ou d’homme de science étudiant un objet, mais en tant que personne accompagnant une autre personne dans son expérience d’être. Trois attitudes facilitent les processus de changement chez la personne:







  • L'empathie:
    C'est en s'immergeant dans le monde du client, avec tout ce qu'il peut y avoir d'effrayant, de douloureux, d'incompréhensible, mais aussi tout ce qui signifie désir de vie, de dépassement, de grandissement que le thérapeute va par sa compréhension emphatique signifier au client un sens au sein duquel ne domine pas que les aspects négatifs que le client éprouve vis-à-vis de sa personne. Le paradoxe de la relation fait que la proximité révèle la singularité de chacun. C'est à une vérification de la justesse du regard qu'elle porte sur elle que la personne est invitée. Ce qui signifie pour le thérapeute de ne pas tricher et composer avec ce qui se passe dans la relation et ce, dans le respect absolu de l'intériorité de l'autre.

  • L'authenticité ( congruence):

    Ce n’est pas en tant qu’expert que le thérapeute se présente dans la relation, mais en tant qu’être humain accompagnant un autre humain qui ose affronter son mal-être et c’est avec toute la globalité de la personne qu’il est que le thérapeute s’engage dans la relation. Sans tricher sur lui-même, sans masque ni rôle à affirmer.

  • Le regard positif inconditionnel:
    C'est continuer à voir la part d'humanité qui est toujours présente chez la personne et ce, quel que soit les actes ou les paroles exprimés par la personne. C’est percevoir la lutte que mène la vie (tendance actualisante) pour, malgré les conditions défavorables, continuer à se développer. C’est permettre à la personne de faire l’expérience d’être aimée.



"C'est le client lui-même qui sait ce dont il souffre, dans quelle direction il faut chercher, ce que sont les problèmes cruciaux et les expériences qui ont été profondément refoulées."


"La personne a en elle des capacités considérables de se comprendre, de changer l’idée qu’elle a d’elle-même, ses attitudes et sa manière de se conduire; elle peut puiser dans ses ressources pourvu que lui soit assuré un climat d’attitudes psychologiques "facilitatrices" que l’on peut déterminer."



A mes yeux, l'expérience est l'autorité suprême. Ma propre expérience est la pierre de touche de toute validité. Aucune idée, qu'il s'agisse de celles d'un autre ou des miennes propres, n'a le même caractère d'autorité que mon expérience. C'est à elle que je dois revenir sans cesse, pour m'approcher de plus en plus de la vérité qui se développe graduellement en moi.



 
Même si je suis conscient de l'incroyable taux de destruction, de cruauté, et de comportements malveillants dans notre monde, depuis les guerres insensées jusqu'aux agressions dans la rue, je pense que l'homme n'est pas démoniaque de nature. Dans un climat psychologique qui permet des choix et un développement, je n'ai jamais connu un individu qui a choisit la cruauté ou un cheminement destructeur. Le choix se fait toujours vers une plus grande socialisation et vers l'amélioration des contacts avec autrui. Ainsi, mon expérience m'a amenée à croire que ce sont les influences culturelles qui sont les principaux facteurs de comportements démoniaques... Alors je vois que les membres de l'espèce humaine comme les membres des autres espèces comme essentiellement constructif dans leur nature fondamentale, mais endommagés par leurs expériences. "



« De la même manière que les arbres ont besoin de soleil, d'eau, de nourriture, qu'ils reçoivent de l'environnement, les hommes ont besoin de recevoir de leur environnement sécurité, amour, considération. Dans les deux cas, le développement réel de l'individu peut commencer une fois qu'ont été satisfaits les besoins élémentaires de l'espèce. A ce moment-là chaque arbre et chaque personne, commence son développement selon son propre style, unique, utilisant les énergies nécessaires à la réalisation de ses visées individuelles. A partir de ce moment-là, on peut dire que le développement est davantage déterminé de l'intérieur que de l'extérieur. »



« Habituellement la croissance se fait progressivement, par petites étapes et chaque nouvelle étape est rendue possible grâce à un sentiment de sécurité, celui de réaliser l'exploration d'un territoire inconnu à partir d'un havre sûr, d'oser parce qu'une retraite est possible. »